vendredi 13 mai 2016

Autour du parfum : Création d'un semainier pour décants!




     
       Depuis un petit moment une idée me trottait en  tête...


      Chez moi, comme chez beaucoup de passionnés j'imagine, on trouve des tas de petits vapos en plastique, tout bêtes et pas franchement folichons mais qui pourtant renferment de précieux élixirs : les décants. Qu'ils soient juste pour le temps d'une découverte, le temps d'un printemps ou pour le parfum de toujours, ils sont en nombre, classés ou entassés, rangés ou se promenant un peu partout.
Je les gère selon l'humeur, à ma façon et tout va bien ainsi !

      Seulement je commençais à trouver cela un peu agaçant et tristounet, lorsque je partais faire le tour du monde ( bon, 3 jours à la campagne soit, mais c'est pareil !) de les fourrer dans un truc pas réellement adapté et pas forcément à mon gout. Parce que oui, il faut bien le dire, nous sommes un peu braques et personne n'a rien prévu pour nos indispensables décants adorés !!!
     Alors j'ai eu envie de mettre un peu de luxe dans tout ça et de pouvoir les trimbaler un peu partout sans pour autant qu'ils se perdent au fin fond d’un sac ou soient en vrac dans une trousse, aussi jolie soit elle.
     Donc je m’y suis mise et hop : de mes blanches mains j’ai imaginé et créé un «semainier nomade» tout ajusté au dimension des décants 8ml. Pourquoi semainier ? Parce que partir quelques jours au loin nécessite bien une belle provision de jus parfumés et donc 7 jours/7 parfums, même pour un weekend, c’est un bon chiffre !
     Les voilà donc bien calés dans une pochette 100% coton, en «grosse toile» toute simple recouverte de tissus japonais glanés ici et là... Chaque étui est unique, si le tissus peut parfois être le même, les motifs ne sont jamais placés au même endroit et la couleur de la toile change au gré de l’inspiration, des envies. C’est du vrai sur mesure pour parfumistas en somme ! Ils ont une petite poche intérieure pour y glisser... Ce que vous voulez en fait, moi je glisse juste un petit lien pour le maintenir bien fermé lors du transport!

      De mon coté j’ai enfin fini mon  trousseau (ça prends des heures à faire ces petites bêtes, et ça donne des ampoules sur le bout des doigts parce que je n’aime pas coudre avec un dé ! ) et maintenant qu’il m’en reste certains et que j’ai de quoi en faire d’autres, si jamais ils vous plaisent vous pouvez passer commande, je vends !



   

    ... Et en fait ils n'ont même pas besoin de voyager pour être heureux ces porte décants nomades : ils adorent tout autant rester à la maison !









         
                    ...Variation sur le même thème...






                 
... Et enfin le petit effet poche interieur :




        ...Bon, tout cela est artisanal, il ne faut pas s’attendre à des finitions Chanel (ou alors Chanel made in Bangladesh!), ils ont parfois des coutures coquettement un poil de travers (mais contrairement à ce que peuvent laisser croire les photos l'ensemble, lui, est bien droit ! )...  Les couleurs sont un peu biaisées, mais rien d'important.
          Voilà : couleur et tissus, les combinaisons sont prêtes à se faire épingler selon vos envies ! J'ai même des tissus sans fleurs ;-)


mardi 10 mai 2016

Digression : Les Sautes d'Humeur, L'artisan parfumeur

   


        En 1998 L'Artisan Parfumeur, outre le beau Navégar, sort un bien joli coffret tout de satin rouge vêtu, renfermant cinq petits flacons de 15 ml : Les Sautes d'Humeur. Une sorte de petite boîte à malice dans laquelle choisir son compagnon parfumé selon... L'humeur du moment donc. C'est Olivia Giacobetti qui se trouve à la composition, nous peingnant un polyptyque olfactif entre douceur et ardeur, joie et mélancolie, sans oublier le panneau gentiment rageur.
       
         Le point commun entre ces cinq opus réside dans cette façon limpide et poétique de faire vivre des émotions sans jamais les jeter au visage, sans céder à la facilité d'une mode provocatrice et pseudo arty, qui tend à la caricature façon "en voilà pour ton argent" ( Serais-je en train de penser aux Explosions d'émotions de 2013, resucée peu excitante de la même maison ? ). C'est expressif, fort et délicat sans être tape à l’œil. L'histoire de chacune est maîtrisée, L'Artisan Parfumeur a donné son cahier des charges et il est totalement respecté.
         Certaines de ses humeurs se retrouveront d'ailleurs plus tard, désossées, charpentées ou réécrites dans d'autres compositions d'Olivia, au sein de L'Artisan Parfumeur, chez Iunx, ailleurs. Comme si la parfumeuse reprenait sa palette, peut être un peu frustrée de ne pas avoir été maîtresse en son temps, ou simplement jouant les variations d'une partition qu'elle aime et peaufine à l'infini... Mais j'extrapole totalement en fait !
       
        Le jeu marketing nous disait alors que ces cinq fragrances avaient été pensées afin de pouvoir allègrement se mêler, se superposer sans honte, et ainsi dérouler tout le fil de nos émotions au cours de la journée ( la soirée, la nuit... Point d'heure pour les braves c'est entendu ! )
           Au final ces Sautes d'Humeur s'avèrent être bien jolies et certaines sont même terriblement prenantes, surprenantes, addictives.
     

          Voici donc comment se déclinent, selon le petit livret du coffret, ces cinq humeurs mises à l'honneur pour L'Artisan Parfumeur par Olivia Giacobetti :



D'Humeur jalouse : " Un parfum vert. Vert de jalousie. Vert comme une plante vénéneuse. Amer comme un poison. Celui qui empoisonne le sang de la jalousie, celui qu'elle rêve de faire boire à ses rivales, réelles ou imaginaires. Suave comme l'amande du noyau de l'abricot : amande cyanurée, mais si délicieuse dans la confiture qu'on n'y résiste pas...
   Une bonne raison de le porter : il contient le poison et son antidote. L'amer qui éloigne et le suave qui retient. Deux notes contradictoires vibrant dans ce parfum comme l'amour et la haine dans le cœur de la jalouse. "

D'Humeur à rire : " Un parfum rose. Comme le rose qui monte aux joues quand le fou rire vous prend. Rose vif. Comme un malabar, comme les rayures des bonbons anglais. Comme les ongles peints quand on a douze ans. Gai comme un tour à la fête foraine. Acidulé comme l'odeur de la pâte à ballon malaxée entre les doigts. Claquant comme une bulle de chewing gum sur le nez de son voisin.
    Une bonne raison de le porter : pour éclater de rire, parce que la bonne humeur c'est contagieux. Pour faire des facéties, des blagues idiotes et laisser libre cours à sa fantaisie. "

D'Humeur à rien : " Un parfum gris. Comme grise mine et ciel d'automne. Humide comme une maison qu'on ouvre et la bouffée de nostalgie qui vous submerge soudain. Silencieux comme une retraite volontaire à l'écart du monde. Rafraîchissant comme l'église où l'on se glisse un jour de chaleur accablante. Pénétrant comme les vapeurs d'encens qui vous entraînent à la contemplation.
    Une bonne raison de le porter : avoir envie de rester en tête à tête avec soi même, de prolonger encore un peu cette mélancolie qui se laisse apprivoiser et vous rend un rien mystique. "

D'Humeur massacrante : " Un parfum rouge. Comme voir rouge. Brûlant comme le feu. Énervant comme trop de café. Piquant comme la moutarde qui monte au nez. Soufré comme l'allumette qui craque. Et la flamme qui part dans un éclair... Comme une colère !
    Une bonne raison de le porter : le vaporiser, c'est comme casser une pile d'assiettes. Une façon d'exprimer sa colère et en même temps de s'en libérer. Une colère qui s'envole en particules odorantes, c'est tellement léger à porter ! "

D'Humeur rêveuse : " Un parfum Bleu. Comme l'infini où s'égare les rêveries. Moelleux comme le lit aux draps métis fraîchement lavés et séchés au soleil. Où l'on s'abandonne à la somnolence de la sieste, l'esprit vagabondant entre veille et sommeil.Tendre comme le brise agitant mollement le rideau de lin blanc et apportant dans la chambre obscure les parfums de campagne. Frais comme un verre d'eau de fleur d'oranger posé tout près de l'oreiller.
    Une bonne raison de le porter : faire, pour une fois, l'éloge de la paresse, et ne pas se laisser tout à fait réveiller par l'agitation alentour. "



                                             Il n'y a plus qu'à trouver de quelle humeur je serai lors du prochain billet !
   


 

lundi 14 mars 2016

Lecture : L'odeur de la mort à venir...

Première édition, 1940


      
           Décrire une odeur.  Tout le monde le fait.  Le "ça sent un mélange de chose et de truc comme si bidule machin" est très courant pour parler de tout un tas de choses du quotidien. On tente simplement de faire coller les mots avec ce que le nez perçoit et de partager une sensation, une idée d'un instant.
           Mais décrire une odeur imaginée, toute en vision et superstition, et pourtant tellement nourrie d’expériences personnelles, est autre chose. Tout se mêle. Souvenir, obsession, fantasme. Entre fiction et réalité se noue et dénoue une toute autre démarche. Et c'est là précisément que le talent fait exploser les limites, donnant vie à une odeur chimérique de façon si intense qu'elle finit par exister bel et bien... Oui, on devient sûr de la reconnaître cette odeur si un jour on est capable de la croiser...
         
           Pour qui sonne le glas offre cette matérialisation de façon magistrale et j'avais envie de le partager ici. De glisser cette parenthèse, ciselée et brutale, absolument sublime et tellement palpable. Celle de L'odeur de la mort à venir, telle que nous la livre Pilar, avec une précision, un rythme et une crudité à couper le souffle :

        

              Pour qui sonne le glas, extrait de l'édition Le livre de poche, 1984, chapitre XIX, page 277.


"(...)  - Mais comment est-ce que ça sent ? demanda Fernandino. Que sent-on ? S'il y a une odeur, ce doit être une odeur bien définie.
    - Tu veux le savoir, Fernandino ? fit Pilar en lui souriant. Tu crois que tu pourrais la sentir ?
    - Si elle existe vraiment, pourquoi est-ce que je ne la sentirais pas aussi bien qu'un autre ?
    - Pourquoi pas ?" Pilar se moquait de lui, ses grandes mains croisées sur ses genoux. "Tu n'as jamais été à bord d'un bateau, Fernandino ?
    - Non. Et je n'en ai aucune envie.
    - Alors tu ne la reconnaitrais peut être pas. Parce que c'est, en partie, l'odeur qui vient d'un bateau, quand il y a une tempête et que les hublots sont fermés. Collez votre nez contre la poignée en cuivre d'un hublot bien fermé, sur un bateau qui roule et qui tangue sous vous à vous faire trouver mal, avec un creux dans l'estomac, et vous aurez une partie de cette odeur.
    - Je ne pourrai pas la reconnaitre parce que je ne monterai jamais sur un bateau, dit Fernandino.
    - Moi, j'ai été plusieurs fois sur des bateaux, dit Pilar. Pour aller au Mexique et au Vénézuéla;
    - Et le reste de l'odeur, qu'est-ce que c'est ? demanda Robert Jordan.
    Pilar, qui se remémorait fièrement ses voyages, lui jeta un regard ironique.
    - Très bien, Inglés . Apprends. C'est ce qu'il faut. Apprends. Très bien. Après cette odeur du bateau, il faut descendre tôt le matin, au matadero du Puente de Toledo, à Madrid, et rester là sur le pavé mouillé, quand le brouillard monte du Manzanares, et attendre les vieilles qui viennent avant l'aube pour boire le sang des bêtes égorgées. Quand une de ces vieilles ressort du matadero, enveloppée dans son châle, avec une face grise, des yeux creusés et la barbe de la vieillesse sur son menton et sur ses joues, une barbe qui sort du blanc cireux de sa figure comme les pousses qui sortent d'une graine de haricot, pas des poils, mais des pousses pâles dans la mort de sa figure, serre-la fort dans tes bras, Inglés, et presse-la contre toi et embrasse la sur la bouche, et tu connaitras la deuxième partie de l'odeur.
    - Celle-là me coupe l'appétit, dit le Gitan. Les pousses, c'est trop.
    - Tu veux en savoir davantage ? demanda Pilar à Robert Jordan.
    - Sûrement, dit-il. Puisqu'il faut apprendre, apprenons.
    - Ces pousses sur la face des vieilles femmes, ça me fait mal au cœur, dit le Gitan. Pourquoi est-ce que c'est comme ça chez les vieilles femmes. Pilar ? Chez nous, ce n'est pas comme ça.
    - Non..., dit Pilar railleuse. Chez nous, la vieille femme qui était si svelte dans sa jeunesse, excepté naturellement l'enflure perpétuelle qui est la marque des faveurs de son mari et que toutes les Gitanes poussent devant elles...
    - Ne parle pas comme ça, dit Raphael. C'est ignoble.
    - Ca te vexe, dit Pilar. Tu as jamais vu une Gitane qui n'était pas sur le point ou qui ne venait pas d'avoir un enfant ?
    - Toi.
    - Assez, dit Pilar. Il n'y a personne qui ne puisse être blessé. Ce que je disais, c'est que l'âge apporte sa forme de laideur à tous. Pas la peine de détailler. Mais si l'Inglés doit apprendre cette odeur qu'il brûle de reconnaitre, il faut qu'il aille au matadero le matin de bonne heure.
    - J'irai, dit Robert Jordan. Mais j'aurai l'odeur quand elles passeront, sans les embrasser. Moi aussi, j'ai peur des pousses, comme Raphael.
    - Embrasse-en une, dit Pilar. Embrasse-en une, Inglés, pour savoir. Et puis, avec ça dans tes narines, remonte en ville et quand tu verras une poubelle avec des fleurs pourries, plonges-y la tête et respire pour que ce parfum se mélange à ceux que tu as déjà dans le nez.
    - Entendu, fit Robert Jordan. Quelles fleurs ?
    - Des chrysanthèmes.
    - Continue, dit Jordan. Je les sens.
    - Alors, continua Pilar, il faut que ce soit un jour d'automne avec de la pluie, ou au moins du brouillard, ou même le commencement de l'hiver, et maintenant il faut que tu continues à marcher dans la ville et dans la Calle de Salud pour sentir ce que tu sens quand on balaie les casas de putas et qu'on vide les seaux dans l'égout et, avec cette odeur de travail d'amour perdu mélangé au parfum sucré des eaux de savon et à l'odeur des mégots, avec cette odeur frôlant à peine tes narines, tu devras aller au Jardin Botanico où, la nuit, les filles qui ne peuvent plus travailler en maison font leur métier contre les grilles de fer du parc et sur le trottoir. C'est là, à l'ombre des arbres, contre les grilles de fer, qu'elles accomplissent tous les désirs de l'homme; depuis les demandes les plus simples, au prix de dix centimos , jusqu'à une peseta pour ce grand acte par lequel on est né. Là sur un parterre de fleurs mortes et pas encore arrachées, tu trouveras un vieux sac de toile abandonné, avec l'odeur de la terre humide, des fleurs fanées et des choses qui se sont faites cette nuit-là. Dans ce sac, il y aura l'essence de tout, de la terre morte et des tiges de fleurs mortes et de leurs pétales pourris, et l'odeur qui est à la fois celle de la mort et de la naissance de l'homme. Tu mettras la tête dans ce sac et tu essaieras de respirer à travers.
    - Non.
    - Si, dit Pilar. Tu mettras ta tête dans le sac et tu essaieras de respirer, et alors, si tu n'as perdu aucune des odeurs précédentes, en aspirant très fort, tu sentiras l'odeur-de-la-mort-à-venir telle que nous la reconnaissons.(...) "




Edition dont est tiré l'extrait.   





 

vendredi 4 mars 2016

Humeur : L'adieu aux heures


    

   

      Les Heures de Parfum, Cartier. Tout a débuté en 2009. Elles étaient 5 à ouvrir le bal parfumé. Aujourd'hui elles sont 11.  Elles seront 13 un jour.

     Ma rencontre avec ces heures a été un véritable émerveillement.  Je retrouvais grâce à elles le vrai sens de l'expression «parfum de niche» : un univers, une créativité, une maîtrise... Une réelle proposition d’auteur tout simplement.
     Mathilde Laurent livre ses visions, sans que l'on y perçoive grossièrement l’ombre du cahier des charges, le couperet aiguisé du «goût du jour», l’impératif de la montre qui tourne. C'est une chose assez rare cette impression de face à face direct avec l'artiste.
     Et puis allons à l’essentiel : ça sent bon ! Je pourrais presque dire que je les aime toutes... Un peu, beaucoup, passionnément... Seulement deux pour le «pas du tout» à vrai dire...
     Certaines me sont particulièrement chères, surtout l’une d’elle en fait. L'Heure Promise. Elle m’est indispensable. Je l’aime. A chaque fois que je la sens, que je la porte, j’éprouve ce transport particulier qui donne le sourire, un "Ho Putain!" au bord des lèvres devant sa beauté. Elle est telle qu'elle doit être, telle que j'aurais aimé la créer. Et c'est terriblement précieux. Merci Mathilde.

     Et pourtant je vais y renoncer :

  Les enchères avait débuté à 224€ les 75ml : une folie que je m’accordais. Cinq ans plus tard elles étaient à 258€ les 75ml : l’amour n’ayant pas de prix je cédais. Aujourd'hui elles se dressent à 265€ les 75ml : mes idéaux reprennent enfin leurs esprits, je refuse.*

                   
                      Ce petit foutage de gueule annuel, sous couvert de luxe et de liberté est arrivé au bout de ma tolérance.

                     Alors, un peu de Barbara sera parfait pour exprimer sans fausse note mes adieux aux Heures de Cartier :

                                                            «...J´ai beau t´aimer encore, j´ai beau t´aimer toujours,
                                                              J´ai beau n´aimer que toi, j´ai beau t´aimer d´amour,
                                                              Si tu ne comprends pas qu´il te faut revenir,
                                                              Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs,
                                                              Je reprendrai la route, le monde m´émerveille,
                                                              J´irai me réchauffer à un autre soleil,
                                                              Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin,
                                                              Je n´ai pas la vertu des femmes de marins...»
                                                                                                                                       Dis, quand reviendras tu ? Barbara, 1964.

                                                                                                                                         
                                                                                                       











*Points de vente sélectifs, on ne les trouve que chez Cartier et en corner grand magasin. De l'un à l'autre les prix ont varié, la barre haute allant à ces derniers. Toutefois ils jouaient élégamment le jeu des réguliers -20% en les appliquant sur le stand Cartier, ce qui finalement les mettait moins chers qu'en boutique. Je les achetais là, les prix que j'indique sont donc ceux pratiqués en stand.